TRANSVERSALE / Et si le navétane était la solution du foot sénégalais

TRANSVERSALE
Et si le navétane était la solution du foot sénégalais

«On va au marché avec ce que nous avons en poche» a-t-on la coutume d’entendre face à des situations sociales durant lesquelles notre portefeuille n’étant pas si bien garni, l’on nous demande de nous limiter à ce que nous avons. C’est plus une manière de réconforter qu’autre chose. Certes, l’adage dit en wolof sonnerait mieux, mais les puristes nous pardonneront cette traduction littérale. L’essentiel est qu’au coup de sifflet final que les gens comprennent que dans la vie ce qui compte c’est de faire avec les moyens du bord. Reprenant au volet ce centre tiré d’un fait de société, nous cadrons notre tir sur notre éternel et inépuisable sujet : le foot sénégalais.
En effet, dans nos colonnes, nous avons l’habitude de toujours dire que le Sénégal est un pays d’exception dans tous les domaines et surtout dans le milieu du sport ; ceci pour indexer notre manie de colmater les brèches au lieu de refaire le mur en entier. Dans le sport, cette exception sénégalaise s’affiche au tableau de notre palmarès exsangue qui pour s’étoffer un peu est obligé de se rabattre sur Asmara ou sur les trophées glanés au tournoi Amilcar Cabral. Mais, a-t-on le droit de toujours se contenter de merles à défaut de grives ? Sûrement pas. En se basant sur ce que nous avons, nous pouvons à la face du monde proposer un football estampillé sénégalais à tel point que le regard se posera sur nous de manière inquisitrice.
En quelques passes très simples suivez notre analyse et les exemples pour étayer nos dires. Nous choisissons trois pays : d’abord le Brésil qui a pour spécificité son football samba et un football presque élevé au rang de religion. Sans risque de nous tromper ce sport est la carte d’identité de cette partie du globe. Peu importe l’évolution de ce jeu, le joueur brésilien a dans son Adn un type de football unique.
Ensuite, l’Asie qui actuellement est devenue la direction de certains footballeurs au crépuscule de leur carrière attirés par de fortes sommes d’argent. Cette partie du monde privilégie un football à la limite événementiel rapportant des sous. C’est une option non négligeable.
Enfin, le soccer américain qui rattrapent le temps perdu sur le football mondial en attirant des joueurs célèbres proches de la retraite. Ainsi, le public s’élargit parce qu’attiré par le show offert. Un autre football basé sur l’aspect mercantile.
Nous montrons ainsi que pour qu’un football se développe il faut à la base un objectif et une motivation spécifique à chaque contrée. Ainsi, il est plus facile d’offrir au monde ce qu’il n’a pas.
Donc pour développer notre football et sortir de nos échecs répétés, notre seul issu c’est de repenser nos «navétanes» et d’en faire la base d’un football sénégalais unique et alléchant par sa labellisation.
Un match ne dure que 90 minutes hélas, dans une autre transversale nous allons vous dire pourquoi le salut du Sénégal se trouve uniquement dans les «navétanes».
Elhadji Abasse Kane