TRANSVERSALE / Maitre Senghor, suffrage fédéral ou suffrage social ?

TRANSVERSALE
Maitre Senghor, suffrage fédéral ou suffrage social ?

Étant jeune, ce que je retenais du foot sénégalais se résumait à un message publicitaire qui défilait à la télévision nationale avant les matchs «saabu saf moo ñu saf». Dans mon esprit le travail de la fédération était de vendre des savons aux joueurs et autres supporteurs qui regardaient. Mais j’ai compris plus tard que chaque président qui occupe ce poste a l’objectif de marquer les esprits pour laisser des souvenirs pérennes dans la mémoire sportive de la nation. De ce fait, La notion de personne morale trouve tout son sens chez le dirigeant dans le milieu du sport. Cette entité est le visage radieux ou terne ou morose de la discipline dirigée. Ainsi, être en format Pdf (président de fédération), c’est être l’incarnation des réussites et des échecs du sport qui vous a porté à sa tête ; votre bilan parle pour vous et devient votre avocat face aux critiques, le plus souvent, caustiques. Lors d’élections toujours houleuses les résultats positifs obtenus durant votre magistère sont votre bouée de sauvetage pour maintenir la tête hors de l’eau des potentiels candidats qui cherchent à vous enfoncer dans le néant de l’histoire. Votre légitimité est sans conteste, pourtant elle est contestée de prime abord par vos pairs qui partagent des responsabilités sportives ou jouant un rôle prépondérant dans la bonne marche de la discipline dès que des critiques sur les performances fusent. Face à cette situation l’état réitère sans coup férir sa confiance parce que dans le cadre d’une discipline comme le Football, la Fifa interdit toute immixtion de l’état dans la marche de la fédération ; décision qui cache une certaine incongruité par rapport aux lourdes dépenses gérées par le ministère du sport uniquement pour la Fsf. Mais, ce n’est pas l’objet de notre réflexion hebdomadaire.
Notre tir se dirige effectivement sur la fédération sénégalaise de football et plus précisément sur son président, la personne morale décrite au début de notre texte. En effet, la casquette que porte cette personne est celle du premier supporteur de la discipline, ce qui nous motive davantage à l’encourager dans son objectif qui est pour la première fois de ramener la coupe d’Afrique des nations Cameroun 2019 au Sénégal. Le slogan adapté à notre avis est « tout ou rien » parce qu’aucune excuse ne sera valable si la bande à Sadio Mané ne gagne pas la finale. Dans notre longue traversée du désert footballistique, l’équipe a connu tous les revers possibles. La liste est longue certes, mais on peut citer : le manque de ressources, les problèmes d’intendance, les primes, l’amateurisme, des dirigeants tatillons, des joueur limités techniquement, le mystique, des entraineurs maladroits et peureux dans leurs choix etc. Mais se relevant de nos erreurs en tirant des leçons de nos défaites répétées, le peuple sénégalais debout comme un seul homme ne cesse d’indiquer la marche à suivre pour toucher les cimes du football africain. Cette voix du peuple est relayée chaque jour à travers tout ce que le pays compte de médias pour que nul n’en ignore la portée. Dans cette logique, le premier supporteur sait forcément la responsabilité qui pèse sur ses épaules de personne morale du football sénégalais. Nous le répétons, tous les moyens sont là pour que l’équipe gagne, tout est affaire de management. Maitre Auguste vous avez le suffrage fédéral, il ne vous reste que celui social pour que le Sénégal vous soit redevable à jamais.
ELHADJI ABASSE KANE